Techniques d’interrogatoires des mineurs : fin des travaux de l’atelier de formation des OPJ
Améliorer les techniques d’interrogatoires ou d’écoute des mineurs auteurs ou victimes d’infractions afin de lutter efficacement contre les violences et les pressions exercées sur les enfants dans les commissariats de police et autres lieux de garde à vue, tels étaient les objectifs poursuivis par l’atelier de formation qui a regroupé une trentaine d’Officiers de Police Judiciaire venus des cinq régions du pays.
C’est le Commandant de Police Magali LEGAUD, de la Brigade Territoriale de Protection de la Famille (Sûreté Territoriale du Val-de-Marne) de France qui a assuré cette formation. Pendants trois jours, elle a partagé avec les participants ses expériences en tant que spécialiste des questions relatives aux mineurs délinquants. Elle a surtout entretenu son auditoire sur plusieurs modules, entre autres, le déroulement d’un entretien, les étapes successives au cours de l’entretien, les différents types de question pouvant être utilisée en entretien, les conséquences péri-traumatiques et post-traumatiques, le langage non verbal, la fabulation et le mensonge, etc.
Désormais bien outillés, les OPJ ont promis faire leur travail avec beaucoup plus de professionnalisme afin que les droits des enfants en conflit avec la loi soient respectés, conformément aux engagements internationaux et nationaux auxquels notre pays a souscrit.
Le Président de la CNDH, Monsieur Koffi KOUNTE a saisi l’occasion pour renouveler ses remerciements à l’Union Européenne et à l’Ambassade de France pour leur contribution qui a permis la tenue de cet atelier de formation.
A l’issue des travaux, les participants ont formulé des recommandations suivantes à l’endroit du gouvernement :
1- Création d’un parquet pour mineurs ;
2- Mise à la disposition des unités de gendarmerie et de police des moyens logistiques (matériels roulant et informatiques);
3- Construction de brigades de gendarmerie et de commissariats de police adaptés aux standards internationaux ;
4- Equipement des brigades de gendarmerie et des commissariats de police de matériel d’enregistrement audiovisuel pour les auditions de mineurs ;
5- Création au sein des Centres Hospitaliers Régionaux (CHR) d’une unité médicolégale spécialisée ;
6- Création d’unités de police spécialisées pour la protection des mineurs ;
7- Intégration dans les curricula de formation des OPJ du volet droit de l’enfant et encouragement de la formation des formateurs.
Innocent POPOLE/CNDH-TOGO