Droits de l’homme : Les personnes interpellées lors des manifestations organisées par le Collectif « Sauvons le Togo » sont bien traitées.
Le Président par intérim de la CNDH, Dr Tchatchaa TCHANGAÏ accompagné de Me Sylvain ATTOH-MENSAH, Président de la Sous-commission Protection des droits de l’homme et de M. PIE Kudzo, Chef de la Division Protection chargée des Requêtes, se sont rendus successivement à la Gendarmerie Nationale, à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), puis à la Sûreté Nationale. L’objectif était de s’enquérir des conditions de vie et de détention des personnes interpellées lors des manifestations organisées par le Collectif ‘Sauvons le Togo ».
A la Gendarmerie Nationale, la délégation de la CNDH a rencontré le Capitaine AKAKPO qui a fait savoir qu’une vingtaine de personnes sont gardées à leur niveau. "On a une vingtaine de personnes qui sont interpellées et gardées chez nous ici. Je sais que la DCPJ a aussi interpellé des gens, mais je ne connais pas le nombre. Ils sont traités humainement. (…). On a soigné certains et le Colonel a fait libérer un certain nombre de personnes… Vous pouvez les voir", a déclaré le Capitaine AKAKPO.
La délégation de la CNDH a pu rencontrer ces personnes interpellées qui ont reconnu n’avoir fait l’objet d’aucun mauvais traitement. « Nous ne sommes pas maltraités ici. Plutôt, on nous a prodigué des conseils utiles », ont déclaré les détenus.
Avant de quitter les lieux, la Commission a laissé une somme de vingt cinq mille (25 000F) francs pour la restauration des personnes interpellées.
A la DCPJ, la délégation de la CNDH a rencontré le premier responsable, le Commissaire PISSANG. Il a déclaré avoir dans ses geôles dix neuf (19) personnes dont quatre (04) transférées à la Sûreté Nationale. La CNDH a pu les rencontrer. Elles ont déclaré être bien traitées. Une somme de vingt mille (20 000F) CFA a été laissée par la Commission pour leur restauration.
A la Sûreté Nationale, Dr Tchatchaa TCHANGAÏ, a rencontré le Directeur Général de la Police Nationale, le Col MOMPION Matéyendou. Celui-ci lui a fait le point sur la situation générale qui a prévalu lors des manifestations du Collectif « Sauvons le Togo ». Il a aussi déploré les blessés enregistrés aussi bien du côté des forces de l’ordre que du côté des manifestants.
Aucune personne n’était plus gardée à la Sûreté Nationale, si l’on en croit le Directeur Général de la Police Nationale, qui a déclaré les avoir fait libérer.
Par ailleurs, le Président par intérim de la CNDH a eu à rencontrer, toujours à la Sûreté Nationale, le policier qui a ouvert le feu le mercredi 13 juin 2012 sur ses collègues, tuant deux (02) d’entre eux et blessant grièvement un troisième, alors qu’il était de faction au Commissariat central de la ville de Lomé. Il a demandé au DG de la Police Nationale de traiter humainement ledit policier.
Selon toute vraisemblance, le policier en question se porte bien. « Il était avec un médecin psychiatre ; il se portait apparemment bien et avait des moments de lucidité.(…), en tout cas, pas de fausse reconnaissance, sauf qu’il était tout le temps au garde-à-vous, ce qui laisse penser que quelque chose ne tourne pas rond », a déclaré Dr TCHANGAÏ.
Rappelons que le Collectif "Sauvons le Togo" a été lancé le 4 avril 2012 à Lomé. Il regroupe neuf organisations de la société civile, six partis politiques de l’opposition et un mouvement politique.
Dans un document de 70 pages rendu public en mai 2012 et intitulé "plateforme citoyenne pour un Togo démocratique", ce Collectif propose la mise en place d'une "feuille de route consensuelle, devant être mise en œuvre, afin de mener à bien les réformes et organiser des élections transparentes, équitables, en vue de l'encrage de l'Etat de droit".
Les manifestations récentes du Collectif sont relatives à la mise en œuvre effective des recommandations du Rapport de la CNDH sur la torture, au retrait immédiat et sans condition des lois adoptées par l’Assemblée Nationale relativement au Code électoral et au découpage électoral, ainsi qu’au retour à la Constitution de 1992 et à la réintégration à l’Assemblée nationale des neuf (09) députés irrégulièrement révoqués de leur mandat parlementaire.
Innocent POPOLE/CNDH-TOGO