
La salle d’audience du tribunal d’Aného et la salle de réunion de la préfecture de Notsè ont accueilli, le 22 mai 2026, des rencontres d’échanges réunissant magistrats, officiers de police judiciaire (OPJ) et surveillants de l’administration pénitentiaire (SAP) autour des stratégies de réduction de la détention préventive. Une rencontre similaire a également eu lieu dans la salle d’audience du tribunal de Tsévié, le 29 mai 2026.
Organisées par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), ces rencontres s’inscrivent dans le cadre de la commémoration, chaque 25 avril, de la journée africaine de la détention provisoire. Une vingtaine d’acteurs de la chaîne pénale dans chaque localité ont pris part aux travaux.
Cette initiative fait suite au constat dressé par le Mécanisme national de prévention de la torture (MNP), selon lequel le taux de détention préventive au Togo a dépassé les 70 %. Une situation qui contribue fortement à la surpopulation carcérale et à la dégradation des conditions de détention dans les prisons du pays.
Au cours des échanges, deux communications ont été présentées aux participants. La première portait sur un aperçu général de la CNDH. Les communicateurs ont retracé l’évolution historique de l’institution avant de présenter sa composition, son organisation interne, son fonctionnement, ses missions de protection et de promotion des droits humains, et de prévention de la torture ainsi que ses activités de terrain. Les défis auxquels la Commission est confrontée et ses perspectives d’action ont également été évoqués.
La seconde communication a mis en lumière le lien entre détention provisoire et surpopulation carcérale. À travers des statistiques récentes, les intervenants ont démontré que la situation demeure préoccupante dans les prisons togolaises. Les chiffres révèlent une hausse importante du recours à la détention préventive, passée de 69,5 % en 2025 à 75 % en 2026 en une année, soit une augmentation de 5,5 %.
Cette évolution constitue un véritable signal d’alarme en matière de respect des droits humains. La surpopulation carcérale favorise en effet de nombreuses violations des droits fondamentaux des détenus, notamment la promiscuité, l’insuffisance alimentaire, le manque de soins médicaux, les problèmes d’hygiène et d’assainissement ainsi que les violences et abus divers.
Les risques de torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants ont également été soulignés. L’absence de séparation entre les détenus en attente de jugement et les condamnés, la corruption, le manque d’aération, l’insuffisance de sommeil et la propagation de maladies infectieuses aggravent davantage les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires.
À travers ces rencontres, la CNDH entend attirer l’attention des institutions judiciaires et des mécanismes de contrôle sur les dangers liés au recours excessif à la détention préventive. L’institution plaide ainsi pour des réformes et des pratiques judiciaires favorisant une justice plus respectueuse des droits humains et des garanties fondamentales des citoyens.
Service de presse de la CNDH









